Qu’est-ce que le bad beat au poker?

le bad beat au poker

Le poker est un jeu qui fascine, car tout y semble toujours possible. Même le meilleur joueur du monde peut se faire battre par un joueur débutant, sur un coup de chance. Et parfois, alors que tout semble être de notre côté – les statistiques, les probabilités, la main en pré-flop, le flop, et même le turn – voilà que la dernière carte posée nous fait perdre.

C’est le bad beat, une réalité qui peut être difficile à accepter.

Qu’est-ce qu’un bad beat ?

Le « bad beat » désigne en général le cas où une main qui a les meilleures statistiques perd, au profit d’une main qui n’était pas vraiment séduisante au départ.

Le joueur qui avait une très bonne main était sûr de son coup, mais le joueur qui avait une plus mauvaise main a finalement obtenu les cartes qu’il souhaitait. Cela arrive en général au turn ou à la river, et donc au moment où sortent la quatrième et la cinquième carte.

On ne parle donc pas ici d’un simple échec ou d’une mauvaise mise. Le jeu initial était bon, mais la situation s’inverse en cours de route. La faute à pas de chance en quelques sortes.

Prenons un cas basique et très commun :

  • Vous découvrez une paire de 10. Vous avez plus de chances de gagner que votre adversaire, qui a en main une reine et un valet, dépareillés.
  • Le flop et le turn sortent, et c’est toujours vous qui avez la paire la plus haute en main.
  • Vous relancez et une dame sort à la river, ce qui vous fait perdre

C’est une situation commune qu’on ne définit pas exactement comme un bad beat, car finalement, tout dépend également la manière dont vous avez joué votre coup. Avez-vous été assez agressif? Est-ce que votre adversaire s’est comporté comme un fish et a suivi toutes vos mises?

Un bad beat est souvent un peu plus impressionnant. Par exemple, si votre paire de 10 perd face à une petite paire de 2. Ici, vous aviez énormément de chance de remporter le pot, mais le hasard en a voulu autrement.

Le pire bad beat reste celui où le joueur a fait tapis et perd à la sortie de la dernière carte, la river. Le bad beat est fréquent, et surtout, il est frustrant.

Trois bad beat célèbres

Pour vous donner une idée plus précise de ce qu’est le bad beat, voici trois cas concrets qu’on a pu observer dans des grands tournois et qui ont marqués l’histoire du poker.

Main Event du WSOP 2003 – Chris Moneymaker VS Phil Ivey

Nous sommes en 2003, en plein tournoi du WSOP Main Event. C’est la table finale du tournoi, avec dix joueurs. Chris Moneymaker, notre premier joueur, pioche A-Q et relance au pré-flop. Face à lui, Phil Ivey, qui a 9-9 en main. Le flop sort : Q-Q-6. Moneymaker relance, Ivey suit.

Vient la turn : un 9. Ivey a maintenant un full aux 9 par les dames. Moneymaker continue à relancer, et Ivey mise son tapis. Mais vient la river : un as.

Moneymaker est maintenant en possession d’un full aux dames par les as, et remporte le pot.

Main Event du WSOP 1979 – Hal Fowler VS Bobby Hoff

Un autre bad beat historique, encore au WSOP Main Event : le duel de Hal Fowler contre Bobby Hoff, en 1979. Un bad beat qui a presque 40 ans et qui est resté dans les annales.

En main, Hoff à A-A et parle au bouton, donc en dernière position : il relance. Fowler, qui était en position de grosse blinde avec 7-6, suit. Le flop sort : J-5-3. Hoff mise gros. Fowler suit.

Et là, au turn, le 4 sort, miraculeusement : Fowler, qui semblait avoir très peu de chances de l’emporter, a maintenant une suite. Hoff mise tout ce qui lui reste. La river est un 10, et il est éliminé du tournoi.

WPT 2006 – J.C Tran VS Alan Goerhing

Un dernier exemple, qui s’est cette fois déroulé au WPT de 2006, à Los Angeles, avec deux joueurs : J.C Tran et Alan Goerhing.

Avec des as en main, Tran relance au pré-flop. Les deux joueurs font tapis : Georhing a une paire de 5.

Le flop sort : 8-7-2, assortis à pique. Tran possède un as de pique et un autre as. Sa position semble inébranlable. Le turn est un 2. Tran n’a pas sa couleur.

Et là, la river : un 5. Totalement dominé jusqu’alors, Georhing l’emporte avec un full aux 5 par les 2.

Comment se prémunir du bad beat

Accepter la défaite, c’est accepter les mécanismes du poker

Aucun joueur ne peut prétendre qu’il n’a jamais vécu de bad beat. Il y en aura toujours, et c’est ce qui donne au poker son attrait.

On ne peut pas intégralement calculer le hasard, et les probabilités ne sont pas des certitudes.

Avant de vouloir éviter le bad beat, il faut déjà avoir un bon état d’esprit, et toujours réfléchir à ce que le joueur en face de vous pourrait avoir en main. Beaucoup de joueurs ont trop tendance à penser que, parce qu’ils ont un bon jeu en main au pré-flop, le pot leur appartient.

L’échec est une réalité, et il faut savoir l’accepter. Bien sûr, vous pouvez orienter le jeu quand vous sentez que vous êtes en position dominante, afin de limiter le nombre de mains en jeu, en relançant au pré-flop, par exemple.

Ne vous concentrez pas sur l’argent, ni sur le résultat

Ce qui compte, c’est la manière dont vous jouez. Vous pouvez jouer parfaitement, et subir de nombreux échecs et des bad beat en rafale. Il est aussi possible de mal jouer et d’avoir beaucoup de chance. Vous ne devez pas penser que perdre signifie que vous jouez mal. Avant de vous concentrer sur le résultat, concentrez-vous sur la façon dont vous jouez, en gardant une attitude positive et sérieuse à la fois.

Que serait le poker sans bad beat ?

Sans bad beat, il n’y aurait pas de jeu : les meilleurs joueurs l’emporteraient toujours.

Le poker, comme dans la vie, est un fin mélange de statistiques et de hasard. Le bad beat est aussi une opportunité pour le joueur en face de vous, qui parfois a mal joué mais l’emporte en river. Un coup de chance qui donne envie de continuer à jouer malgré des échecs successifs. Et si vous êtes un bon joueur, un bad beat peut aussi toucher votre adversaire, et vous être favorable.

Le bad beat est une réalité au poer, qui peut vous faire perdre gros, et qui peut parfois favoriser les plus mauvais joueurs. Avec cette réalité en tête, c’est à vous de surveiller votre façon de jouer et votre état d’esprit. Restez vigilants, et surveillez constamment vos émotions. Savoir gérer les bad-beats, c’est aussi l’un des talents que doit avoir un joueur de poker professionnel.

Crédit Photo: Fineartamerica.com

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