La relance pré-flop au Texas Hold’em

Les relances pre-flop en Texas Hold'em

Au Texas Hold’em, la relance pré-flop présente de nombreux avantages qu’il faut maîtriser et adapter en fonction des situations. Le fait de jouer en dernier de parole confère d’énormes avantages : on peut alors risquer une mise supplémentaire avec des mains qui, autrement, n’en vaudraient pas la peine. En fonction de votre position, relancer peut convaincre les joueurs jouant après vous de se coucher, ce qui vous donnera l’avantage de la position.

Nous avions déjà abordé le thème de la relance au poker, afin de démontrer qu’il fallait bien souvent faire preuve d’agressivité, mais intéressons-nous à la manière de jouer en pre-flop.

Imaginons, par exemple, que vous ayez As 8s à deux places du bouton. Trois joueurs limpent (sous-jouent) avant vous. Si vous suivez, au moins un adversaire après vous, et peut-être les deux, vont faire de même. Bien que cette main ne vaille généralement pas une relance, si vous relancez, il se peut que vous poussiez le jouer au cut-off (le joueur situé juste avant la bouton) ainsi que le joueur au bouton à se coucher. Ce qui vous permet d’être le dernier à agir. Si vous pensez avoir des chances raisonnables de réussir (grâce à des tells ou aux habitudes de ces joueurs), ce serait une action logique. On appelle cela « acheter le bouton ».

La relance en short-handed

Votre objectif est de l’emporter après le flop en misant plutôt qu’en ayant une main ou en en touchant une. Bien entendu, vous devez bien commencer avec quelque chose, mais il n’est pas nécessaire, pour atteindre votre objectif, d’avoir une main de premier ordre.

Le principe est que la plupart des joueurs ne touchent rien avec la plupart des flops (voir notre article sur les probabilités au poker). S’il y a beaucoup de joueurs, les probabilités augmentent mais si vous avez juste un ou deux adversaires, surtout des adversaires qui jouent des mains médiocres, ils vont rater le flop suffisamment souvent pour que vous dégagiez un profit en donnant l’impression d’être fort, et en misant, tout simplement.

Ceci, combiné avec les fois où vous allez toucher une main (alors que vous aurez probablement la position), rend une relance profitable dans cette situation. Souvenez-vous que, comme tous les autres coups abordés ici, cela augmentera de manière substantielle la variance dans votre jeu. Si vous ne vous en sentez pas capable, ou si vous n’avez pas la réserve d’argent nécessaire, appliquez des méthodes plus orthodoxes (et légèrement moins profitables).

Par exemple, si deux adversaires limpent et vous êtes au cut-off, de quelle main avez-vous besoin pour relancer? En fait, vous pouvez étendre votre panel si vous pensez qu’il est probable que le joueur au bouton et les joueurs aux blindes puissent se coucher. K-10, J-10 et même 8-7 assortis deviennent des mains à relance.

Il faut bien comprendre que, lorsque vous effectuez ces relances substantielles, il est peu probable que vous ayez la meilleure main, mais que vous pouvez espérez gagner en contrôlant les mises post-flop. Par exemple, si vos deux adversaires ont J-9 assortis et Q-10, votre mise sur un flop comme A-5-3 ou K-5-5 vous permettra presque certainement de gagner.

Naturellement, il vous faut choisir avec soin vos adversaires, et comprendre que votre image à la table a une grande importance (voir notre article sur l’agressivité au poker). Si vous êtes déjà considéré, à tort ou à raison, comme un joueur agressif et large, ce type de relances perdra de son efficacité. Vos adversaires commenceront à riposter avec ou sans de véritables mains. Mais si vous avez développé une image de joueur serré, ces relances vous permettront de gagner à long terme une somme d’argent supplémentaire et significative.

Relancer pour isoler un adversaire

Une des meilleures situations au poker est de se retrouver avec la position en tête-à-tête contre un adversaire faible ou ouvertement agressif. C’est à vous de bien identifier le potentiel de cette situation et d’en tirer profit. La manière d’y parvenir est d’effectuer une relance pré-flop judicieuse.

Typiquement, un joueur faible limpe et vous relancez, ou un joueur agressif relance et vous surrelancez. Dans les deux cas, si les choses se passent bien, vous obtiendrez le résultat escompté. Cette situation, comme toutes les autres abordées ici, est assez profitable pour que cela vaille la peine de tenter un peu le diable.

Par exemple, un joueur que vous avez vu relancer pré-flop trois fois à chaque orbite relance de nouveau avant vous. Clairement, soit c’est le joueur le plus chanceux de la planète, soit il relance avec beaucoup de mains que d’autres ne voudraient même pas jouer.

Vous avez Q-9 assortis. Votre main vaut à peine d’être jouée, et, dans la plupart des situations, vous la coucheriez sans la moindre hésitation. Mais, maintenant, il est peut-être temps d’effectuer un 3-bet et de pousser le reste de vos adversaires à se coucher. Malgré la faiblesse de votre main, vous devriez l’emporter suffisamment souvent pour obtenir un bon retour sur investissement.

Ou peut-être qu’un joueur faible effectue un limp tardif et que vous êtes au bouton avec A-4. Vous avez une main médiocre et vous ne devriez presque jamais la jouer, quelles que soient les circonstances. Mais, ici, une relance peut être conseillée pour les mêmes raisons que dans l’exemple précédent.

Attention, parfois, quand vous tentez d’isoler un adversaire, cela ne marche pas. Quelqu’un d’autre suit votre relance ou surrelance. En règle générale, quand cela se produit, resserrez nettement votre jeu. Ne forcez pas le coup alors que vous avez commencé avec une main inférieure à vos standards. Si vous ne touchez rien et que tout le monde checke avant vous, checkez aussi. Ne croyez pas pouvoir échapper à deux ou trois adversaires quand au moins l’un d’eux a callé votre relance ou votre surrelance.

Relancer pour donner une donner une fausse impression

On vous distribue deux AS en position UTG. Vous savez que si vous relancez, il y a de 85% à 90% de chances que tous vos adversaires se couchent. Que devriez-vous faire? Relancez à chaque fois jusqu’à ce qu’ils cessent de se coucher.

L’astuce est de jouer des mains fortes comme des mains fortes et, une fois de temps en temps, pour brouiller les pistes, jouer une petite main comme une grosse main.

Beaucoup de joueurs craignent que s’ils jouent leurs mains fortes de manière trop virulente, leurs adversaires vont savoir ce qu’ils ont. Ainsi, ils se retrouvent avec des As servis, et refusent de caper les mises pré-flop de crainte que tout le monde sache ce qu’ils ont. Oui, vous ne devez pas jouer d’une manière tellement prévisible de sorte à ce que vos adversaires puissent lire vos mains surtout quand vous montrez une certaine force mais la solution n’est pas de retenir vos coups et de vous empêcher de jouer avec force vos meilleures mains.

La meilleure solution est de jouer de temps en temps une main plus faible de manière agressive. Ce qui nous amène au point suivant, relancer pour donner une fausse impression.

En règle générale il y a deux manières d’agir ainsi, c’est ce que nous allons voir maintenant.

Effectuer des relances raisonnables, difficilement compréhensibles

Elles donneront l’impression que vous relancez de manière un peu folle. Ceci fonctionne bien quand vous touchez le bon type de mains dans les bonnes situations. Par exemple, vous avez une petite paire au bouton et que quatre ou cinq joueurs ont limpé. Dans cette situation, une relance troublera vos adversaires. C’est risqué, mais cela peut aussi vous permettre de remporter beaucoup d’argent si vous floppez un brelan. Si vous ne touchez rien et que tout le monde checke, checkez et espérez être chanceux au turn.

Dans une position similaire, une relance du bouton avec J-10 assortis ou même 8-7 assortis avec plusieurs limpers peut sembler un peu folle pour beaucoup, mais ce n’est pas une mauvaise manière de jouer. Des relances similaires à partir des blindes dans des pots volumineux peuvent aussi marcher bien que le fait d’agir en premier après le flop!

Effectuer une relance déraisonnable

Cette relance sera tellement mémorable qu’elle marquera les esprits de vos adversaires pendant un long moment! C’est le but. Cependant, cette relance ne repose pas sur le fait de tomber sur la bonne situation.

Elle nécessite simplement de choisir une main que vous auriez normalement couchée, et de la jouer de manière agressive. Vous pouvez bien entendu constater à quel point cela peut être potentiellement dangereux.

Il y a des raisons pour lesquelles vous couchez des mains : à long terme, elles vous font perdre de l’argent. Tenter d’en transformer une en une main gagnante dans une situation donnée nécessite des conditions qui ne sont généralement pas réunies :

  • Vous êtes connu comme étant un joueur serré ou, tout du moins, vous êtes certain d’avoir cette image pour l’instant
  • Vos adversaires jouent serrés ou, tout du moins, ont un grand respect pour vos relances
  • Vous jouez fréquemment contre ces adversaires
  • Vous pensez que votre coup vous permettra de l’emporter la plupart du temps, quelle que soit votre main

Vous ne devriez pas tenter ce genre de coup juste pour en mettre plein la vue, même si vous espérez que cela arrivera de temps en temps. Imaginons que vous pensiez que, dans cette situation, tous les critères soient réunis et, en position UTG, vous touchez 9-7 assortis. Vous décidez d’effectuer un open-raise.

Vous espérez remporter les blindes ou vous retrouver en tête-à-tête avec quelqu’un qui a raté le flop et qui se couchera. Le meilleur scénario serait de flopper (ou de toucher à la rivière) une main miracle et d’abattre la combinaison gagnante.

Ne sur-jouez pas la main quand les choses ne se passent pas comme prévu, comme lorsque vous avez trois joueurs qui vous suivent et que le flop s’ouvre sur J-5-2. Les probabilités que vous puissiez gagner en donnant l’impression d’avoir des As sont bien trop faibles pour tenter le coup. Renoncez.

Quand relancer pré-flop au poker?

Comme vous avez pu le constater, il existe de nombreuses bonnes raisons de relancer pré-flop.

L’élément le plus important est de comprendre pourquoi vous relancez : Qu’essayez-vous d’accomplir ? Il faut planifier une main. Certains joueurs s’en sortent bien dans ce domaine, mais la plupart semblent penser que la véritable planification s’effectue après le flop.

Avant même de voir votre main, vous devez avoir une stratégie générale:

  • « Je dois jouer de manière solide dans cette partie »
  • « Je cherche une occasion de jouer contre X, aussi, s’il suit, il se peut que je suive ou que je relance de manière un peu plus légère que d’habitude »
  • « X semble avoir tilté, s’il relance, je vais essayer d’effectuer un 3-bet si je peux justifier un tel coup »

Une fois que vous voyez votre main, vous devez déjà avoir une idée de ce que vous voudriez faire avec différents types de mains. Naturellement, vous ne toucherez souvent qu’une poubelle, et vous la coucherez quel que soit votre plan mais que cela ne vous empêche pas de faire ce travail pour chaque main. Cela nous conduit au point le plus important : Ayez toujours une raison pour avoir joué tel que vous l’avez fait.

Crédit Photo: World Poker Tour

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