Comment bien miser au poker?

comment bien miser au poker

Le poker est certes un jeu de hasard, vous tombez sur une combinaison de cartes, qui s’accordera bien ou non avec le tirage à venir, et vous pariez sur ces cartes, mais c’est aussi un jeu de stratégie, où l’art de miser fait toute la différence. Le poker est un mélange subtile de hasard et d’analyse, de bon jeu et de bluff.

Le principe des enchères

Quand on parle d’enchère, on parle en réalité d’une “mise”.

Les mises au poker sont l’équivalent d’un pari : on mise plus ou moins gros sur son jeu et sur des éléments dont nous n’avons pas encore connaissance, notamment le jeu des autres joueurs et les cartes qui vont sortir.

Vous placez une enchère une fois que c’est votre tour. C’est une façon soit d’attaquer, soit de défendre votre jeu. On parle de tour d’enchères pour désigner l’ensemble des décisions prises par les différents joueurs, entre deux distributions de cartes, ou entre une distribution de cartes et l’abattage. Le tour est terminé une fois que toutes les mises sont égales, et que ceux qui n’ont pas voulu miser se sont couchés.

Différentes possibilités s’offrent à vous suite à une enchère, et selon votre position. Vous pouvez la suivre et égaliser, la relancer en misant un plus gros montant, vous coucher, ou faire parole si la mise n’a pas été relancée. Après chaque tour d’enchères, une nouvelle information est apportée par l’ajout d’une nouvelle carte : il est temps de miser à nouveau avec les joueurs encore présents.

Ce principe qui a pourtant l’air assez simple, est en réalité l’un des moments les plus déterminants au poker car vous pourrez influencer la manière dont les autres joueurs vont jouer, et donc, miser sur l’effet psychologique de vos mises et de vos relances pour l’emporter.

Les différentes stratégies de mise

Nous avons rapidement brossés les règles principales concernant les tours d’enchères poker et si les règles existent, la stratégie aussi.

Miser au pré-flop : un bon début

Ces différentes stratégies dépendent aussi de ce que vous allez faire pré-flop, car c’est le premier tour d’enchères, et donc le premier tour au cours duquel vous allez devoir faire preuve de stratégie. Il faudra toujours vous adapter aux joueurs et à la table.

La mise pré-flop déterminera l’image que vous aurez pendant le tour, mais aussi le nombre d’adversaires qui resteront autour de la table:

  • Miser fortement au pré-flop vous permettra de jouer contre un nombre plus faible de combinaisons gagnantes, voir d’écarter des adversaires contre lesquels vous ne souhaitez pas miser.
  • Limper, c’est à dire suivre la grosse blinde sans relancer, augmentera certainement la taille du pot, car plus de joueurs seront dans la partie, mais cela augmente la probabilités de perdre le coup et de se retrouver en situation de bad beat.

Value Bet : faire grossir le pot

Le value bet, c’est un peu l’inverse du bluff. Quand vous bluffer, votre objectif est que votre adversaire se couche pour remporter la mise : vous tentez donc de l’impressionner et de dominer le rapport de forces.

Un value bet, au contraire, consiste à faire en sorte que votre adverse suive vos mises car vous pensez avoir le meilleur jeu. Votre objectif est donc de faire grossir le montant en jeu.

Il n’y a pas dans ce domaine de règle universelle : vous devez vous adapter aux informations que vous détenez sur la main adverse et à votre position dans le jeu. Cette stratégie est parfaite quand vous avez la main la plus haute et que l’adversaire a également une main importante. Elle permettra de faire grossir le pot, mais aussi parfois de faire en sorte qu’une main supérieure à la vôtre se couche.

Continuation Bet : rester en position de force

Le continuation bet, c’est l’art de continuer à miser une fois les cartes retournées, après votre mise pré-flop. Concrètement, si vous avez relancé pré-flop, c’est que vous aimez votre main. Le continuation bet permet de continuer sur votre lancée en confirmant que votre main est forte.

Ce type de mise sera très utile contre des joueurs passifs, car, que vous ayez obtenu votre tirage ou non, vous allez créer une situation de domination, si vous ne vous faites pas relancer et que votre image est bonne.

Vous avez l’avantage sur l’autre joueur, qui souvent n’aura pas non plus obtenu son tirage, et qui pourra difficilement vous suivre. Bien sûr, la stratégie perd en efficacité si votre adversaire vous suit sans hésiter, et qu’il a finalement une meilleure combinaison en main. Il est toujours mieux, toutefois, de partir dès le départ sur un continuation bet plutôt que de checker dès le pré-flop, ce qui vous met en situation de faiblesse.

Bluff : tout l’art du poker

Le bluff, plus qu’une stratégie, est un art. Il n’y a pas de règles strictes en la matière, et c’est souvent le talent de manier le bluff et l’image que l’on donne à une table qui fait les plus grands joueurs de poker.

Il existe deux catégories de bluff:

  • Soit vous sur-jouez une mauvaise main pour faire en sorte que votre adversaire se couche et pour remporter le pot.
  • Soit vous sous-jouez une bonne main pour faire grossir le pot et surprendre votre adversaire, c’est ce que l’on appelle le semi-bluff.

Il faut -savoir utiliser le bluff de façon équilibrée, car l’essentiel reste que vos adversaires ne remarquent pas votre stratégie. L’idée, c’est de saisir l’opportunité est de varier vos stratégies.

Quelques conseils pour bien miser au poker

Bien définir vos objectifs

Ce premier conseil est une idée que vous devez absolument toujours avoir en tête à chaque tour d’enchère : quel est votre objectif?

  • Soit vous voulez que votre adversaire se couche, et vous allez favoriser le bluff et les relances.
  • Soit vous souhaitez qu’il suive, ce qui demande plus de stratégie dans l’évaluation de vos mises. Misez trop peu, et votre adversaire se couchera : votre bonne main n’aura rien rapporté.

Savoir ajuster ses mises au pot

On appelle la façon d’adapter ses mises le “bet sizing” : il s’agit surtout de miser en fonction du pot, et non du potentiel de sa main.

Il existe différentes mises adaptées à différentes situations.

  • On peut miser le pot ou plus, on parle alors d’over-bet : c’est idéal quand on a une main forte et que l’adversaire est susceptible de suivre.
  • Si on mise la moitié du pot ou un tiers du pot, on parle d’under-bet, ce qui est préférable dans de nombreuses situations, par exemple en cas de continuation bet, pour augmenter la taille du pot et inciter son adversaire à suivre s’il est trop engager.

Savoir quand s’arrêter

C’est bien là tout l’enjeu du poker, quelle que soit la stratégie, du bluff au value bet : quand faut-il arrêter de miser et se coucher? Le premier élément à prendre en compte, ce sont les probabilités, entre vos cartes, et le tirage.

Mais vous allez devoir apprendre à analyser la situation sous tous les angles : le nombre d’adversaires, la taille du tapis, votre position dans le jeu. Un bon joueur de poker sait quand il doit s’arrêter.

Miser hors-position

Votre position dans le tour d’enchères détermine votre façon de miser.

  • Une mise en UTG, c’est à dire après la big blind, peut vous permettre d’éliminer des adversaires.
  • La mise au bouton, c’est à dire en dernière position après le flop, reste la meilleure position pour relancer.
  • Mais pourtant, il peut être bon de miser hors-position : si vous êtes le premier à miser après le flop votre image en sera plus forte. Et cela vous permet de toujours prendre l’avantage sur les joueurs qui viennent après vous.

Vous l’aurez compris : suivre votre instinct et vos sentiments au poker n’est pas toujours la stratégie gagnante. Si vous êtes un joueur débutant, les autres joueurs à la table auront vite fait de savoir si votre jeu est bon ou mauvais.

Vous devez maîtriser l’image que vous donnez à la table, et savoir manier avec équilibre et subtilité les différentes stratégies de mise.

Crédit Photo: Allposters.com

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